La prochaine étape de la stratégie canadienne de lutte contre les feux de forêt 

Connecter intelligence, persistance et intervention rapide pour aider à maintenir les feux menaçants à une petite échelle 

Par Glen Lynch, PDG de Volatus Aerospace 

Le Canada a développé une expertise considérable dans la gestion des feux de forêt. Les organismes provinciaux et territoriaux, les pompiers, les exploitants d'aviation, les scientifiques et les gestionnaires d'urgence sont soutenus par un système de renseignement de plus en plus sophistiqué qui comprend des satellites, des réseaux météorologiques, des modèles prédictifs, des avions de détection et des rapports au sol. 

Alors que les saisons des feux de forêt deviennent de plus en plus exigeantes, je crois que la prochaine opportunité n'est pas de remplacer tout cela, mais d'ajouter une couche supplémentaire qui aide le système existant à identifier les incendies menaçants plus tôt, à les comprendre plus rapidement et, lorsqu'une intervention est nécessaire, à agir pendant que ces feux sont encore gérables. 

Le Canada ne part pas de zéro. Le Système d'information sur les feux de forêt du Canada rassemble la télédétection par satellite, les informations sur les incendies des provinces et des territoires et les données provenant de milliers de stations météorologiques. Le Canada investit également dans WildFireSat, une mission satellitaire dédiée dont le lancement est prévu en 2029. Ces capacités constituent le socle de ce qui va suivre.  

Les systèmes satellitaires offrent une couverture extraordinaire, mais aucune technologie de détection ne peut tout faire à elle seule. La couverture nuageuse peut perturber les observations, les feux de plus petite taille peuvent être difficiles à identifier, et les gestionnaires de feux de forêt peuvent avoir besoin d'informations plus continues qu'un satellite passant au-dessus ne peut en fournir.  

C'est là que les aéronefs sans pilote à grande autonomie peuvent compléter le système existant. K1000ULE, par exemple, est une plateforme de renseignement à ultra-longue endurance capable d'opérer au-dessus de zones reculées pendant de longues périodes grâce à des capteurs. Elle pourrait surveiller des zones à risque élevé, enquêter sur des incendies potentiels identifiés par satellite ou par des données sur la foudre, et rester au-dessus d'un incident émergent à mesure que les conditions évoluent.  

Il ne s'agit pas de choisir entre satellites, aéronefs traditionnels et systèmes sans pilote. L'opportunité réside dans leur combinaison. J'ai décrit ce concept plus large comme un Bouclier d'intelligence contre les feux de forêt : une couche supplémentaire reliant le renseignement existant à une surveillance aéroportée permanente, à des opérations à distance et à une intervention plus rapide. 

Une meilleure intelligence a sa plus grande valeur lorsqu'elle conduit à de meilleures décisions. Les centres d'opérations modernes peuvent rassembler des informations satellitaires, aériennes et terrestres dans une vue d'ensemble afin que les gestionnaires de feux de forêt puissent comprendre ce qui se passe, ce qui est en danger et quelles ressources doivent être déployées. 

Cependant, la technologie ne remplace pas les personnes qui combattent les incendies. Les pompiers, les bombardiers d'eau, les hélicoptères, les aéronefs de détection et les exploitants aériens de lutte contre les feux de forêt établis du Canada demeureront au cœur des interventions en cas de feu de forêt. L'objectif est de rendre ces ressources plus efficaces et d'accroître la probabilité que les incendies menaçants soient traités avant de nécessiter une intervention beaucoup plus importante. 

Tous les feux de forêt ne doivent pas être éteints. La priorité est accordée à ceux qui menacent les communautés, les infrastructures essentielles ou d'autres zones où une intervention est nécessaire, et dans ces cas-là, le facteur temps peut faire une énorme différence. La politique canadienne de gestion des feux reconnaît déjà que les décisions en matière de suppression varient selon ce qui est en jeu.  

FlyOX 1, que Volatus s'emploie à introduire au Canada, a le potentiel d'offrir une option supplémentaire d'intervention rapide, en particulier là où une grande endurance, une exploitation à distance ou une exposition réduite de l'équipage constitue un avantage. Un bombardier d'eau peut convenir à une mission, un hélicoptère et une équipe au sol à une autre, tandis qu'un K1000ULE peut fournir des renseignements continus sur une région à haut risque. 

Selon moi, l'avenir de l'aviation de lutte contre les feux de forêt ne résultera pas d'un choix entre des aéronefs avec ou sans équipage. Il s'agira d'un système intégré combinant des opérateurs aériens expérimentés et des aéronefs ayant fait leurs preuves, dotés d'une intelligence persistante, de systèmes télécommandés et de nouvelles capacités d'intervention, en utilisant chacun là où il est le plus efficace. Toute nouvelle capacité aérienne doit fonctionner dans le cadre des procédures établies de commandement d'incident, de sécurité aérienne et de gestion de l'espace aérien, sous la direction de l'organisme responsable des feux de forêt. 

L'économie est peut-être aussi importante que la technologie. Les grands bombardiers d'eau spécialisés tels que le Canadair CL-415 et le DHC-515 de nouvelle génération sont des atouts très performants dont la forte capacité d'extinction restera indispensable. Ce sont également des investissements majeurs ; l'engagement récent de l'Alberta d'environ 1 TP 4 T 400 millions pour cinq DHC-515 illustre l'ampleur en jeu.  

Une couche de réponse autonome distribuée offre un modèle économique différent. Selon la configuration finale, les coûts d'acquisition et d'exploitation, le capital requis pour un seul grand bombardier d'eau pourrait potentiellement financer plusieurs aéronefs d'intervention télécommandés plus petits, positionnés plus près des zones à risque élevé. La comparaison ne se fait pas charge utile pour charge utile : un DHC-515 transporte beaucoup plus d'eau. La meilleure question est de savoir si une intelligence persistante et une réponse distribuée peuvent empêcher certains feux naissants de devenir suffisamment importants pour nécessiter ce niveau d'intervention. 

Il existe également un potentiel pour étendre la plage opérationnelle. Un feu ne cesse pas de se propager lorsque les opérations aériennes avec équipage s'arrêtent. Lorsqu'ils sont autorisés en toute sécurité et intégrés au commandement des opérations de secours, les systèmes télécommandés pourraient maintenir la surveillance et potentiellement soutenir certains aspects de l'intervention au-delà des opérations diurnes traditionnelles. L'objectif est complémentaire : préserver les grands bombardiers d'eau pour les missions où leur capacité importe le plus, tout en ajoutant une couche à moindre coût axée sur la persistance, la couverture et une intervention plus précoce. 

La même capacité a des applications au-delà des feux de forêt. L'intelligence aéroportée persistante, les opérations à distance et les aéronefs capables de transporter des charges utiles significatives pourraient soutenir la réponse aux inondations et aux intempéries, la recherche et le sauvetage, les communications d'urgence, l'évaluation des infrastructures et la livraison de fournitures essentielles lorsque l'accès est perturbé. 

Le Canada dispose déjà de mécanismes de collaboration intergurisdictionnelle. Le Centre interservices des feux de forêt du Canada coordonne le partage d'aéronefs, de personnel et d'équipement entre les organismes de lutte contre les feux de forêt fédéraux, provinciaux et territoriaux. Les nouvelles capacités devraient renforcer ces systèmes plutôt que d'en créer de parallèles.  

Le Canada possède déjà un bon nombre des éléments nécessaires : des professionnels chevronnés de la lutte contre les feux de forêt, des exploitants aéronautiques établis, une solide expertise scientifique, du renseignement satellitaire, des opérations à distance, des aéronefs autonomes émergents et une industrie aéronautique nationale capable d'intégrer et de maintenir ces systèmes au Canada, tout en s'appuyant sur des partenaires internationaux de confiance le cas échéant. 

Gestion des feux de forêt continueront d'être dirigés principalement par les organismes provinciaux et territoriaux, le gouvernement fédéral jouant un rôle important dans la science, la coordination nationale, le développement des capacités et la capacité d'intervention d'urgence. L'occasion consiste à relier et à renforcer le système existant tout en ajoutant des capacités qui n'étaient pas disponibles il y a quelques années à peine.  

La question est simple : comment donner aux personnes qui protègent déjà nos communautés de meilleures informations, plus d'options et plus de temps pour agir ? Si le résultat est qu'un plus grand nombre d'incendies menaçants peuvent être maîtrisés alors qu'ils sont encore de petite taille, tout en renforçant la capacité du Canada à intervenir lors d'autres urgences, c'est un objectif qui vaut la peine d'être poursuivi. 

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